Le président brésilien réinvente le CPE

« Mieux vaut un emploi précaire, avec moins de droits, que pas d’emploi du tout ». Cest par cet aphorisme que le nouveau président a confirmé sa volonté de réformer le code du travail brésilien.

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 Les idées libérales de relance du marché de l’emploi transcendent les frontières. Cette idée est très proche des CPE et CNE français (respectivement Contrat Première Embauche et Contrat Nouvelle Embauche, NDLR), voulue par Dominique de Villepin en 2006, voté pour le premier et finalement non promulgué. Les nouveaux embauchés pourront choisir entre la carte traditionnelle du travail bleue ou une carte nouvelle verte et jaune. A cette dernière seront rattachés moins de droits et de protection. « Il faudra choisir entre les droits ou l’emploi’ (op.citée). Pour Leda Paulani, professeur d’économie à l’Université de Sao Paulo USP, cette carte est un prétexte pour légaliser ( dans le sens ici de « rendre conforme à la règlementation ») l’emploi informel (citée par Rosely Rocha). Cette mesure permettra-t-elle réellement de créer des emplois autre que précaires ? Comme questionnent les syndicalistes du CUT (Central Unica Dos trabalhadores) « faut-il altérer le droit du travail pour créer des emplois  » ? Cela peut-il s’apparenter à un retour en arrière du droit du travail ? La flexibilité précarisante, avec une baisse des salaires à l’embauche, est-elle la seule solution pour remettre le pied à l’étrier de tout ou partie des 12 millions de chômeurs brésiliens ? Pour Artur Welle, chercheur en économie à la prestigieuse UNICAMP, les analyses économiques ont clairement montré que les créations d’emploi sont liées à la croissance économique et non aux lois permettant une plus grande flexibilité du travail  (ibidem). Ce chercheur va encore plus loin. Il compare cette dépossession « à la hussarde » des acquis sociaux des jeunes travailleurs qui accepteraient cette nouvelle carte, a celle mise en place par les Chicago Boys de l’ère Pinochet au Chili. En effet, les charges sociales (retraites, santé) incomberont en partie à l’employé et non plus au patron. Ce système par capitalisation risque de verser dans la misère les futurs retraités et les personnes affectées par des maladies nécessitant de longs arrêts de travail et/ou des soins coûteux car tous ne pourront prétendre à une couverture sociale, souvent trop coûteuse. Ce serait au contraire le cercle vicieux de la misère des classes populaires des pays en développement, qui serait réenclenché. Fort heureusement, le nouveau président a choisi les couleurs du drapeau national, le jaune et le vert pour teinter de nationalisme ce choix de cette nouvelle carte, qui irait forcément dans le sens du mieux être du pays. Ainsi, on scandera, comme dans les stades « qui ne choisit pas la nouvelle carte  n’est pas Brési…lien » !

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