La déforestation en Amazonie commence aussi en France où pourquoi il faut lutter contre la déforestation importée

Une saillie du président Marcon avait provoqué l’ire du président brésilien Jair Bolsonaro. Le locataire de l’Elysée exhortait les Français à ne plus acheter de soja brésilien mais à préférer du soja national pour lutter ainsi, comme dans l’histoire du colibri se battant contre le feu, contre la déforestation amazonienne. (https://www1.folha.uol.com.br/mercado/2021/01/macron-associa-soja-do-brasil-a-desmatamento-da-amazonia-e-defende-plantio-na-europa.shtml)

La production de soja menace les dernières forêts d'Amazonie - En vert et  contre tout

La production de soja menace les dernières forêts d’Amazonie

« Mardi, le président français avait préconisé d’augmenter la production de soja en Europe pour être « cohérent avec [nos] ambitions écologiques ». « Quand on importe du soja qui est fait à marche forcée sur de la forêt détruite au Brésil, nous ne sommes pas cohérents avec nous-mêmes », avait dit M. Macron dans une vidéo accompagnant un message sur Twitter. » https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/15/bresil-jair-bolsonaro-accuse-emmanuel-macron-de-dire-des-idioties-sur-le-soja_6066321_3210.html

Le vice-président brésilien Mourao et Jaïr Bolsonaro allaient alors tancer le président français, lui reprochant son manque de connaissance du contexte brésilien, le soja étant selon eux, surtout cultivé dans les cerrados du Goias et du Mato Grosso et accessoirement dans les plaines du Sud du pays. Il est vrai que la mise en danger de l’extraordinaire biodiversité des Cerrados, plateaux de l’intérieur du Brésil, interpelle moins les citoyens brésiliens et du monde en général car ces biomes sont moins connus et la réponse « affective » à la destruction « d’arbustes » est moins teintée d’émotion.

Pourtant, le soja est un élément constitutif de la déforestation en Amazonie (entre autre) que l’on doit décloisonner. Ce front du soja est lié à l’explosion de la demande en viande bovine urbi et orbi, au Brésil et dans le monde. Comme l’explique le géographe Antonio Ioris, de l’université de Cardiff « Comme ils sont les derniers à arriver dans ce cycle, les producteurs de soja affirment qu’ils ne contribuent pas à la déforestation. Cette rhétorique est une erreur car elle néglige à la synergie entre les secteurs » (de la production de soja, de l’élevage bovin et de la coupe de bois, ndlr).

https://www.dw.com/pt-br/o-papel-de-gado-e-soja-no-ciclo-de-desmatamento/a-52151786

Au-delà de ces querelles presque byzantines tant la situation urge au Brésil et ailleurs, c’est bien toute la chaine de la déforestation importée qu’il faut prendre en considération. Est-ce la demande qui crée l’offre ou l’offre qui crée la demande ? Les consommateurs sont-ils responsables ? De fait, on ne peut leur ôter une certaine responsabilité mais peut-on incriminer des consommateurs à qui aucune traçabilité des produits n’est proposée. Dans la chaîne de la déforestation importée, c’est à dire de l’écocide sur lequel le parlement français a légiféré, il faudra sans doute criminaliser l’importation de produits issus d’un écocide, obligeant ainsi les multinationales à garantir la traçabilité de leurs produits. D’aucuns argueront d’une idée suicidaire dans le contexte économique actuelle, mais l’Union Européenne a devancé ce voeu pieux de Tiradentes-géographie, par la voix de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui va proposer une résolution à la commission européenne.

« La proposition concrète que j’ai faite dans cette résolution est que les produits agricoles brésiliens ne pourront entrer sur les marchés européens que s’il est démontré qu’ils n’ont pas contribué à la déforestation et à la destruction d’écosystèmes tels que le Pantanal ou le Cerrado, outre l’Amazonie. De plus, ces produits en provenance du Brésil et d’autres pays ne peuvent avoir contribué à la violation des droits de l’homme, des droits de propriété ou des droits des populations indigènes ». (https://www.bbc.com/portuguese/internacional-55168713)

La même exigence s’appliquerait également aux entreprises européennes qui investissent de l’argent au Brésil – telles que les banques et les fonds d’investissement. (ibidem). Il semble essentiel d’obliger les importateurs et ceux qui commercialisent les produits de proposer un étiquetage qui mesurerait l’empreinte écologique et humaine, à l’image des classifications énergétiques et nutritionnelles en a, b, c, d.

Cela rendrait le consommateur consomm’acteur mais cela contraindra l’ensemble des intervenants de la chaîne de production à prendre leurs responsabilités.

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