Au Brésil, le péril d’une « génération perdue » d’écoliers

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/12/covid-19-au-bresil-le-peril-d-une-generation-perdue-d-ecoliers_6055702_3210.html

Dans un article du 12 octobre, le Monde rappelait la dure réalité des pays émergents face au virus. Le Brésil, de manière chaotique, s’était engagé dans la voie du confinement malgré les injonctions contraires d’une partie de l’exécutif dont le président Jair Bolsonaro.

Après six mois de fermeture des établissements scolaires à cause de la pandémie, des centaines de milliers d’enfants pauvres pourraient sortir du système éducatif. Ce problème n’est pas spécifique au Brésil. Il faut quelquefois toute la volonté et l’astuce d’enseignants passionnés pour maintenir ce lien fondamental entre l’enseignement et l’apprenant.

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https://educacao.uol.com.br/noticias/2020/04/04/professora-coloca-deveres-em-varal-para-alunos-nao-ficarem-sem-estudar.htm

(Ici, une enseignante met ses devoirs dans des sacs accrochés au mur de sa maison pour respecter la distnciation sociale). En France également, dans les quartiers les plus fragiles, le décrochage scolaire est un risque dont le ministère de l’éducation est conscient et qu’il tente de prévenir, malgré la qualité du réseau français d’éducation. Au Brésil, pays de la démesure, ce qui apparait comme une fracture sociale en France, prend l’aspect d’un gouffre. Le délitement du système public d’éducation, l’état d’abandon dans lequel se trouvent  les services et les populations des favelas, l’exposition aux risques du Covid19 font peser une insupportable incertitude sur le futur d’une frange de ce Brésil de demain dont les parents avaient espéré un avenir digne, à défaut d’être radieux. L’Organisation Mondiale de la Santé encourage bien chaque Etat à maintenir les écoles ouvertes mais la conjoncture actuelle, où la plus grande crise sanitaire se conjugue à une dépression économique qui n’est pas sans rappeler celle de 1929, laisse peu de latitude et de moyen  à l’Etat brésilien pour assurer cette mission régalienne ô combien importante de protection et de formation de ce Brésil de demain. C’est pourtant bien à travers ces deux missions de protections et de formation que le Brésil dessinera ce chemin qui lui permettra de passer du statut de pays émergent, aux trop nombreux clivages, à celui, plus apaisé et démocratique, de pays émergé.

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