Inhotim, ville-jardin et musée d’art contemporain

Le Brésil est une terre d’art et d’artistes. Le régime militaire, les crises économiques auxquelles le pays est confronté de manière récurrente, ont souvent réduit l’art à une expression mineure, coûteuse et improductive, voire subversive. Inhotim apparait comme un projet unique qui met au coeur du concept deux des enjeux majeurs de la société brésilienne d’aujourd’hui et de demain : la culture et la nature. Depuis sa fondation, il est considéré comme un des plus grands musées à ciel ouvert de la planète.

Quel avenir pour Inhotim ?

source : https://www.lequotidiendelart.com/articles/12476-quel-avenir-pour-inhotim.html

Dans cet espace de 1500 hectares, dont une centaine accessible au public, on trouve un arboretum, 23 oeuvres monumentales et 20 pavillons où sont exposées des oeuvres des plus grands artistes brésiliens et internationaux contemporains. »Ni le Moma, ni la Tate, ni le Centre Pompidou ne peuvent offrir l’émotion que procure Inhotim. Un musée peut présenter 200 Picasso dans la même salle, mais les sensations ressenties ici, où l’art et la nature vibrent à l’unisson, sont bien supérieures. », affirmait en 2012 Bernardo Paz, le magnat fondateur dont l’image de « Citizen Kane » s’est fortement ternie depuis. (https://www.lexpress.fr/culture/art/inhotim-le-plus-grand-musee-a-ciel-ouvert-du-monde_1205083.html)

En 2017, la condamnation du milliardaire fondateur à 7 ans de prisons pour fraude fiscale et blanchiment d’argent a quelque peu écorné le mythe du jardin d’Eden brésilien où développement social, art et écologie coexisteraient harmonieusement (au musée Inhotim, la corruption sort du bois) La journaliste Virginie Jacobergé-Lavoué parle « d’ineptie « écologique » et de « production néfaste » en évoquant les plantations d’eucalyptus sur le site d’Inhotim en des lieux qui ne leur étaient pas dévolus et surtout le non respect de « réserve écologique » de 20% des terres, rendue obligatoire par le code forestier édicté sous les gouvernements Lula. Pis encore, des employés auraient travaillé dans des conditions assimilables à de l’esclavage moderne.

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http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/inhotim-galerie-tropicale-121112-303904#diaporama-494049_4

Pour le visiteur cependant, ce parc apparaît bien comme une expérience unique de « jardin artistique » ou de musée à ciel ouvert au coeur de la nature. Des cours d’art ouverts à tous, des centres de recherche en botanique, des œuvres d’art et d’artistes qui font corps avec la saisissante nature du minas gerais semblent exprimer avec une fierté non dissimulée la beauté violente du Brésil. Cette république utopique devrait durait 1000 ans, selon les dires de son excentrique créateur. (ibidem) « Tous les artistes du monde finiront ici, c’est certain. Il suffit que je leur téléphone, et ils arrivent. » (ibidem) Aujourd’hui, malgré les déboires judicaires de Paz, il semblerait que le projet lui survive.

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